Bien utiliser sa machine à coudre

Ne soyons pas avares de conseils pour les couturières débutantes

La couture, une activité en vogue chez les jeunes

Comme on pouvait le voir dans le film Génésis, réalisé par Claude Nuridsany et Marie Pérennou, la réponse à la question "d'où venons-nous" est loin d'être évidente. Lorsque l'on parle de couture cela est également le cas. Les cours de couture pour débutantes (tout comme ceux pour les plus confirmées d’ailleurs) fleurissent au sein des multiples associations ou autres clubs, sont proposées par toutes les municipalités, villes et villages de l’Hegaxone.

Les intéressées passent également des petites annonces sur « Le Bon Coin » pour trouver une couturière confirmée disponible pour leur donner des cours ou les aider à apprendre la technique. Pourtant, le diplôme désuet de CAP de couture n’existe plus et n’aurait d’ailleurs, si on le leur proposait à l’issue de la 3ème, plus la côte de nos jours auprès des jeunes filles dont jadis il était dans les mœurs et de bon ton d’espérer ainsi qu’elles seraient fin prêtes à marier, après avoir consciencieusement et patiemment passer des années à la confection d’un joli trousseau qui allait leur permettre de se glisser dans le rôle de la parfaite petite ménagère. Mon coté « féministe avertie » frémit de repenser à ces années où il ne faisait pas bon être du sexe soi-disant « faible »… Je remercie ici vivement Simone de Beauvoir et les 342 autres signataires du « Manifeste des Salopes », mais il s’agit là d’un autre débat auquel je ne me livrerais en aucun cas ici.

L'émancipation des femmes

En 2016, les jeunes femmes sont sur tous les fronts. Elles ont brillamment mené les études dont elles anticipaient qu’elles allaient leur permettre
professionnel qu’elles étaient en droit d’attendre. Elles ont pris le soin de ne pas se lancer aveuglement – du moins pas trop vite - dans les affres de la vie de couple et autres « joies » de la maternité. Elles ont pris leur vie professionnelle et personnelle en main, ayant bien compris que personne ne le ferait pour elles.

Elles s’assument, elles sont bien dans leur tête et à l’aise dans leurs baskets : tour à tour femmes actives, sportives, à la mode ou plus sophistiquées. Il y a belle lurette qu’elles ont cessé de courir après « le prince charmant » (elles ont enfin réalisé, grâce aux études supérieures, qui leur ont permis de comprendre les tenants et les aboutissants du monde dans lequel elles vivent, qu’on leur avait longtemps menti et qu’en réalité, il n’avait jamais existé que dans les Contes de Fées…). Elles aspirent tout simplement à une vie agréable, paisible, sereine, seule ou en couple, couple libéré et moderne avec une autre Vénus comme avec un Mars.

Cela change complètement la perspective de cette activité qu’est la couture, et particulièrement la couture à la machine à coudre. La couture a retrouvé ses lettres de noblesse. Non, il ne s’agit plus d’une activité réservée aux Mamies qui préparent avec amour la layette de leur petit-fils ou de leur petite-fille, quand ce n’est pas de leur « arrière » petit-enfant. Certes, ces mamies existent toujours, bien entendu, et elles se font un plaisir de transmettre leur passion en enseignant patiemment le maniement de l’aiguille à leurs petites-filles adolescentes. La relève est ainsi assurée. En revanche, ce qu’il y a de novateur, c’est que naguère réservée aux seules Pénélopes sacrifiées sur l’hôtel du couple,

il s’agit à présent d’un art créatif qui requiert des capacités cognitives et une aptitude à un certain bonheur. Celles qui s’y adonnent ne sont plus sous le joug de l’obligation mais tout au contraire, elles ont fait le choix de s’y adonner pour leur plus grand épanouissement. Et la différence est de taille ! Elles veulent apprendre, soit, mais elles comptent surtout y prendre plaisir. Non seulement, il n’y a là aucune honte, mais on en retire un sentiment d’accomplissement. Comme l’artiste qui donne le dernier coup de pinceau sur sa toile ou comme l’écrivain qui donne un dernier coup de plume à son roman, les aficionados sont fiers de leurs chef-d’œuvres. Elles en discutent sur des « blogs » et s’y échangent trucs et astuces.

Elles se transmettent joyeusement adresses, modèles et tuyaux : où trouver tel ou tel kit, comment réaliser tel ou tel point, quel matériel utiliser ? Un art que tout un chacun (tout une chacune, aurais-je envie de dire) peut s’approprier. La couture s’est modernisée, elle s’est mise à la portée des femmes actives : en effet, bien que non initiées parce que n’ayant pas été formatées par le moule de ces obsolètes filières « ménagères » et ayant préféré exercer leurs neurones dans des filières plus « masculines » (scientifiques ou technologiques), elles ont malgré tout l’envie et la passion du « cousu main ».

La couture comme moyen de s'affirmer

Il est tellement plus gratifiant de se confectionner sa garde-robe soi-même, son sac, ses accessoires. Autrefois, le choix était bien plus restreint, il y avait si peu de modèles, la couture restait un brin suranné, peu de magazines proposaient des patrons, lesquels restaient somme toute très classiques et on en avait vite fait le tour. Depuis l’avènement de l’ère électronique et l’explosion de la toile, les écrans virtuels regorgent de modèles, de patrons, que dis-je de « tutoriels », ce qui rend cette activité à la portée de tous. Quel plaisir de pouvoir annoncer à nos proches que cette œuvre d’art est la nôtre. Oui, vraiment, la jeune femme du 21ème siècle est résolument multi facettes. Et elle s’épanouit dans sa nouvelle vie.

D’ailleurs, je dois vous quitter ici, je m’en vais de ce pas faire l’acquisition d’une machine simplissime au look design pour me mettre en mode DIY et créer mes vêtements, j’ai vu qu’ils en proposaient chez Lidl, suffisamment compacte et si peu encombrante que je pourrai aisément la caser entre mon ordinateur, ma pile de livres de français langue étrangère et l’étagère remplie de dictionnaires divers et variés qui ornent mon bureau, dans un petit coin de mon vaste et lumineux salon.

, je ne suis plus toute jeune mais j’ai néanmoins cette passion de la couture chevillée au corps depuis tellement d’années, j’en ai rêvé secrètement depuis si longtemps (depuis qu’adolescente, je voyais ma chère grand-mère qui brodait et cousait : elle m’initiait avec plaisir pendant les vacances scolaires que je ne manquais pas d’aller passer auprès d’elle), j’en ai tant rêvé que j’ai mis mon projet à exécution, non sans avoir préalablement validé quelques diplômes (BTS, Licence, Master), lesquels m’ont permis d’accéder à des postes professionnels à haut potentiel … de stress, m’acculant finalement à repartir à la recherche du paradis perdu : goûter à nouveau aux choses simples, ce que l’enfant porte en lui naturellement : la lecture d’un texte de méditation, la respiration abdominale profonde et quelques petites activités manuelles sans prétention, juste histoire de lâcher prise (remettre à sa place ce mental qui nous empoisonne en permanence) : la couture, le crochet, le tricot, le scrapbooking…

Et puis cela peut-être grandement rassérénant, dans un monde en constante surenchère, de tenter de freiner la consommation tous azimuts pour se reconvertir à l’artisanat.

Recycler, réutiliser, laisser une seconde chance aux matériaux, car il est simple de réaliser des ouvrages sans nécessairement investir. C’est tout cela qui plaît aux jeunes femmes (et aux jeunes hommes, car, si, si, il en existe bel et bien, même s’ils ne sont pas encore légion) de l’époque actuelle.

Rester authentique dans sa vie et dans ses actes, au plus près de la simplicité dans son sens le plus noble, dans un monde, dans une société, sur une planète où les turpitudes et les vicissitudes ne cessent de nous glacer d’effroi.